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Pauline COLLIN

INSOMNIE

De violentes chutes de neige, des routes impraticables, un rendez-vous manqué, un hôtel perdu en plein milieu du massif montagneux des Alpes. Une jeune femme se retrouve coincée dans une chambre d’hôtel, sans possibilité de communiquer avec l’extérieur. Du personnel d’établissement et des voisins de chambre étranges, des bruits suspects, une impossibilité à trouver le sommeil. Peu à peu, la jeune femme ne parvient plus à distinguer le jour de la nuit, le rêve de la réalité, ni même à sortir de sa chambre.

Mélanie HELFER

HIÉRARCHIE

Sept cellules organiques relatent les traces d’un quotidien familial meurtri par l’absence de l’une d’entre elles : la Mère. Elles sont nichées dans une colonne vertébrale, au sein de la moelle épinière de la fille aînée de la Mère : la Grande. Une colonne incomplète, une moelle abimée. Chacune des cellules représente un membre de la famille. Elles essayent de comprendre ce manque et de ne pas disparaître dans l’oubli. C’est avec un franc-parler que ces êtres expriment entre-eux la délicatesse de l’abandon et la difficulté d’avancer avec et parmi les ruines.

En parallèle du texte, les parcours chorégraphiés des corps et l’installation plastique faite de toiles peintes à la main et en direct, modélisent la réparation-construction de la colonne et de l’intérieur de cette moelle épinière. C’est un véritable axe pictural qui se développe en continu au fur et à mesure que se déploie l’intrigue. Le corps des acteurs représente l’identité de leur cellule tandis que leur prise de parole représente un membre dans la famille.

Hiérarchie d’une cellule familiale dans laquelle nous avançons. Hiérarchie des non-dits qui restent, luttent et dialoguent depuis notre patrimoine génétique, et dont les bribes d’informations stagnent de génération en génération. Hiérarchie d’une équipe de maître-d’œuvre sur le chantier de l’intérieur d’un corps, qui cherche à ne pas subir les vestiges vivaces du passé.

Étienne Caloone

NIKKI,
COUP DE FUSIL

Depuis toujours ils habitent Roubaix. Mais ils n’ont pas vécu la même ville. La géographie les sépare dans le temps et l’espace, même s’ils se réunissent de temps en temps dans le lit trop petit qu’il a gardé de sa chambre de gosse. Le père d’Augustin a du patrimoine. Celui de Nikki n’existe pas. Sa mère croit beaucoup. Celle de Nikki n’en a plus le temps. Il y aurait bien ses sept frères mais ils sont éparpillés un peu partout comme les derniers morceaux d’une carrosserie après l’accident. Elle, vend des fleurs. Lui, vend des montres.

Ils se sont connus au Lycée et aujourd’hui il ne reste plus grand chose de leur histoire – mais le savent-ils seulement ? Et c’est parce que le seul moyen pour redonner un peu de vigueur à un projet qui s’essouffle c’est de le confronter aux autres, que Nikki accepte un dernier repas en compagnie de la famille d’Augustin. Là, depuis toujours et aujourd’hui encore, elles est à la fois l’objet d’une fascination vulgaire et d’un dégoût religieux. Il n’y a que l’ami de la famille qui est différent, le préparateur de couleur, celui qu’on ne remarque pas même s’il vient tous les jours et qui semble regarder tout cela comme de l’extérieur, sans y prendre tout à fait part.

Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’avec toutes les petites précautions des rituels culinaires et sur la grande table toute pleine de napperons-nénuphars, c’est elle que la famille a prévu de dévorer après l’avoir éparpillée aux quatre coins de la pièce. Et parce que le seul moyen pour résister à la dévoration qui s’est préparée pour elle depuis sa naissance de l’autre côté du boulevard, c’est de l’exprimer. Nikki serre les poings, s’éclaircit la gorge et c’est maintenant que les fusils sont chargés que les têtes vont tomber. Cela s’annonce plein de couleur et très sanglant. Comme la vie.

 

À PROPOS DE LA COMPAGNIE

C’est au cours de leur formation au Cours Florent que Christian Schweda assiste Étienne Caloone à la création sa première première pièce Tempo du Ragazza, inspiré du Decameron de Boccace. Après l’aventure de L’oiseleur, une farce en un acte traitant des rapports du pouvoir à son image et représentée au Festival d’Aurillac en 2019, ils se retrouvent dans le cadre des cartes blanches de l’ENSAD et du Hangar Théâtre pour la création de Kill en 2021 mettant en scène les comédiens de la promotion 2022 du conservatoire national supérieur d’arts dramatiques de Montpellier dans une épopée écrite et mise en scène par Étienne Caloone. Après leur formation à l’ENSAD, Stan Dentz, Adeline Bracq, Théophile Chevaux et Claire Freyermuth les rejoignent au sein de la Compagnie de la Case Fantôme pour la création de leur dernière pièce Nikki, coup de fusil, une tragi-comédie punk inspirée des travaux de Bourdieu et de l’œuvre de Nikki de Saint-Phalle.

FLIF’HANGER • FLORENT DUPUIS

FLIF’HANGER

Au départ, la scène.
En 2019, sur la commande de la metteuse en scène Katia FERREIRA, Florent DUPUIS compose une musique originale aux sonorités rétro-futuristes pour le spectacle First Trip, adaptation du roman Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides.
En janvier 2022, il pose 12 titres dans son premier LP intitulé First Trip, où l’artiste Pauline BADELON signe les dessins de la pochette et du livret. La sortie de l’album est prévue pour cette automne.
En mars 2022, il déverrouille son ordinateur pour faire muter ces sons languissants en une version concert explosive ! Une BO catapultée dans les mains de trois musiciens : la batterie groovy d’Aristide BENHAMZA, le grain rock des guitares et claviers de Paul BONNET et Florent DUPUIS au chant, claviers et aux commandes du projet.

La culture pop au broyeur, le trio des Flif’Hanger grimpe dans les hauteurs avec une inspiration mêlant cinéma, rock, électro et hip-hop.

Cie Anaïs K

FOLLE ALLIÉE

Imaginez qu’une expérience scientifique puisse scinder votre mental en deux pôles antagonistes.
Deux pôles mentaux incarnés dans deux corps, dans deux vies, dans deux femmes bipolaires enfermées dans un espace inconnu : une chambre psychiatrique ou une boîte de simulation ?
Une expérience mi-réelle mi-virtuelle pour confronter ces deux versions de vous- mêmes et vous confronter à ce que vous auriez pu devenir si un des pôles l’avait emporté sur l’autre.

Folle Alliée est une création théâtrale pluridisciplinaire qui allie l’art à la science pour interroger l’équilibre mental, à travers le prisme de la bipolarité. Cette pièce théâtro-musicale se situe à la lisière du réel, à la frontière entre la réalité, la virtualité et l’imaginaire. Est-ce une réalité augmentée, une illusion, un rêve, une expérience scientifique, le futur, une perception erronée, déséquilibrée, et malade de la réalité ?
À travers ce projet arts et sciences, l’ineffable prend vie. Les secrets que renferment notre corps et notre esprit sont révélés à nos sens par une expression sonore, chorégraphique et visuelle. La technologie numérique offre une immersion dans un cerveau bipolaire réel et fantasmé, où les images tentent de donner une réalité à ces impalpables maux mentaux. L’art prend le relais pour leur donner un écho universel, accessible et nuancé. Dans cette pièce, l’art et la science s’unissent afin d’offrir une réalité inaccessible à nos sens.

À PROPOS DE LA COMPAGNIE

La compagnie Anaïs K., créée en 2019 à Montpellier, centre son action artistique autour de la création pluridisciplinaire (théâtre, musique, danse). Deux artistes en sont à l’initiative : Anaïs Khaizourane, comédienne, violoncelliste et danseuse et Kerena Anka, compositrice et pianiste. De cette collaboration sont nés : Folle Alliée, pièce de théâtre musical alliant science et arts, 9 minutes pour convaincre (spectacle pluridisciplinaire). Fortes de ces premières collaborations, elles développent en 2020 un nouveau projet pluridisciplinaire, un duo musico-théâtral sur les musiques cinématographiques Paris Pourpres et approfondissent le travail mené sur Folle Alliée à travers une collaboration élargie regroupant scientifiques, artiste 3D et vidéaste.

Cie Corps Itinérants • Clara Villalba

FERUSA

C’est une vague, un marécage envoûtant qui vient nous bercer, nous conter les peurs, les craintes et les désirs. Trois compagnons de voyage : une danseuse, un comédien et un musicien vont traverser par le corps et la voix le chemin vers l’espoir. Celui de renaître. Celui de vivre ensemble. Pour seuls témoins, des suspensions lumineuses et une baignoire guideront le pas dans ce clair-obscur à la temporalité bouleversée.

FERUSA est une odyssée humaine qui amène une curiosité fondamentale : comment dans l’immensité du monde peut s’exprimer l’amour solidaire ?

 

Cie La Chouette Blanche • Azyadé Bascunana

PINK!

Une jeune femme gitane est devant vous, et c’est vous qui êtes chez elle, dans ce théâtre où elle fait quotidiennement le ménage, une ancienne chapelle campée au cœur d’une cité qui contient autant de souvenirs que d’histoire(s), autant de mémoire de fêtes que de déception. Les mots qui résonnent sur la scène sont les siens. Ils portent avec force et détermination sa vision du monde et son désir d’ailleurs. Ici, le théâtre, plus que jamais, devient le lieu de la métaphore où l’on peut échapper à sa vie, sortir de ce qu’on croit connaître des autres, réapprendre à écouter, à regarder et à se nommer.

Avec délicatesse, humour et friction, PINK! relate la rencontre fortuite entre trois personnages : une gitane employée de ménage, un comédien aux origines roumaines et une metteuse en scène dépassée par son immersion en quartier populaire. Ensemble, ils tenteront d’écrire l’histoire, celle qui force à franchir l’obstacle d’une rencontre possible entre différentes communautés. Entre fiction et réalité, quotidien et sublime, le spectacle questionne nos préjugés et la construction de nos identités.

PINK! est né d’une résidence artistique au long cours de la compagnie, au cœur de la cité Gély – quartier dont la population est majoritairement gitane – à Montpellier.

 

À PROPOS DE LA COMPAGNIE

Depuis sa création en 2011 à Montpellier, sous la direction artistique de la metteuse en scène et comédienne Azyadé Bascunana, la compagnie La Chouette Blanche, œuvre pour la création de spectacles vivants mêlant théâtre et autres arts (musique, vidéo, photographie..).
Pour sa recherche autour des écritures contemporaines et scéniques, elle privilégie un lien et une collaboration étroite avec des auteurs vivants (Jacques Rebotier en 2013, Amine Adjina , Amer, en 2016 ; François Cervantes Les gens connus en 2014 ….)
Pour nourrir ses créations et réflexions artistiques, la compagnie travaille en lien étroit avec un territoire et ses habitants. Elle a été associée aux Saisons du Lodévois et Larzac à Lodève en 2012-15, à l’Estive Scène Nationale de Foix et d’Ariège en 2016-18. Depuis 2019 la compagnie est en résidence de territoire au Théâtre La Vista-La Chapelle, quartier Gély à Montpellier.

Production : L’Usine à rêve/Cie la Chouette Blanche
Coproduction : Théâtre Jean Vilar – Ville de Montpellier ; Le Sillon, scène conventionnée d’intérêt national Art en territoire – Clermont l’Hérault
Avec le soutien du Théâtre la Vista, dans le cadre de la résidence territoriale 2019-22 de la Cie la Chouette Blanche.
Avec le soutien de la Ville de Montpellier dans le cadre des Résidences d’été au Théâtre La Vista – La Chapelle
Avec le soutien financier de la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie, de la Région Occitanie et de la Ville de Montpellier
Avec le soutien du Théâtre La Joliette, Scène conventionnée d’intérêt national Art et création – Marseille ; du Printemps des Comédiens dans le cadre de Warm up ; de l’ENSAD Montpellier ; de La Bulle Bleue – Montpellier ; de la Passerelle – Sète ; du Théâtre des Possibles – Perpignan
Accueil en Studio Libre – Théâtre des 13 vents CDN de Montpellier

 

Manon Petitpretz

L’ENFANT,
être à l’hauteur

Réglisse et Caramel font un spectacle : L’Enfant, être à l’hauteur.
Se saisissant du texte comme d’un parchemin, Réglisse et Caramel racontent L’Enfant, ce petit être rencontré entre les mots d’une page dont on ne connaît ni le prénom, ni l’âge et qui traîne dans les pattes de Caramel et Réglisse, à moins que ce soit plutôt Caramel et Réglisse qui traînent dans les pattes de L’Enfant.

Le duo s’empare du plateau comme une aire de jeux où la scénographie se déploie comme un pop-up constitué de frigo, de fresques et de lettres géantes sur lesquels s’impriment des vidéos d’archives familiales. La création sonore interprétée en direct fait naître des espaces imaginaires et tisse un lien entre réel et fictionnel.

Chanter, dessiner, réciter comme dans un spectacle de fin d’année. Tout est jeu, leurs corps et leurs voix sont aussi des jouets.

Réglisse et Caramel s’efforcent de se remémorer leurs propres souvenirs d’enfance. Se détacher du temps pour y apercevoir son enfance disparue au profit de l’âge adulte. Ensemble, musicienne et actrices composent pour les spectateur·ice·s un spectacle visuel et sonore dans lequel leurs corps d’adultes tentent de s’oublier pour laisser place à celui de L’Enfant.