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PROMOTION 2022 ENSAD Montpellier • Cartes – Blanches

Deuxième série de répétitions en vue des créations en octobre 2021 au Hangar Théâtre.

Étienne Caloone – KIIL

Kiil
« J’ai vu-verrai tout cela… Je l’ai touché ! Nul besoin de fermer les yeux, il fallait tendre la main. Mais vous étiez trop occupé à vous caresser le ventre pour avoir ne serait-ce que l’idée de caresser le monde là-bas, et je ne parle pas de votre “grand-sommeil” à l’emporte pièce ! Je ne veux pas de votre rêve avec code, uniforme et soumission, et puis les pieds nus froids sur le marbre des salles communes ça me file des rhumes. Cet horizon qui se ferme là-bas, je l’ouvrirai. J’inventerai des pays, des terres, des feuilles, et jusqu’aux histoires qu’on se raconte dans les foyers qui germinent au-delà d’ici et partout à la fois. On parle d’un lieu, dans les écrits, à l’Ouest, où la terre n’est pas encore crée. On dit qu’elle évolue en fonction des sentiments de celui qui s’y trouve. Et il s’y crée des collines, des mers, des montagnes, des gouffres, devant nous, seuls, notre paire d’yeux à nous. J’irai, moi, cligner des yeux là-bas. Il paraît qu’on y meurt aussi parfois…»


Mélanie Helfer – HIÉRARCHIE

« Elle est partie avec lui et elle a rien dit
Elle est partie et elle nous a laissé toute sa merde
Il m’a dit votre appartement de merde
Mais moi j’lui dis j’tai pas demandé d’aller dedans
Il était bien content de l’avoir il travaillait pas

J’pense que l’autre il paye la maison et elle
Elle paye tout l’reste pi elle du coup elle a pas une flèche
C’te grosse con tellement elle est con. »

Fanny Barthod et Stan Dentz-Marzin – TITRES PROVISOIRES : NAVIGATION TO NOWHERE // J’AI PEUR DE NE PAS ME SOUVENIR DE TOUT CE QU’ON S’EST DIT ICI CE SOIR

« Un homme se met en route pour un lieu qu’il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l’espace blanc qui s’est ouvert dans son esprit. Les lettres n’arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées. Un autre part à la recherche du premier. Le second ressemble de plus en plus au premier, jusqu’à être, lui aussi, aspiré par la blancheur. Un troisième se met en route sans espoir d’arriver jamais quelque part. Il erre. Il continue d’errer. Tant qu’il reste au royaume de l’œil nu, il continue d’errer. »
– Paul Auster, Espaces Blancs

C’est quoi un non-lieu ? Est-ce que quelqu’un a déjà été dans un lieu qui n’existe pas ? Est-ce que ça existe quelque part sur la terre, un lieu qui n’existe pas ? Où faut-il aller pour aller dans un lieu qui n’existe pas ?
Est-ce que c’est là où vont les morts, les gens qui disparaissent ?
Est-ce qu’on arrête d’exister soi-même en allant dans un lieu qui n’existe pas ?
On est toujours forcément situé quelque part. On est toujours quelque part. Même ailleurs, c’est quelque part. Il n’y a jamais de notre naissance à notre mort un seul minuscule tout petit instant où nous ne sommes pas quelque part.
Peut-être que les personnes qui disparaissent essaient de trouver un lieu où elles ne sont plus quelque part.

Bleue Falaise • Yohann Bourgeois & Fabien Rasplus

LES HAUTS® PARLEURS®

Les Hauts® Parleurs® est une nouvelle de science-fiction, écrite par Alain Damasio. 
Elle se déroule dans un monde parallèle, où la parole publique et le langage ont été privatisés. 
Au milieu de cet univers capitaliste exacerbé, existe des poches, des lieux de résistance, notamment la zone 17, lieu des tours Borgès et De Leuze, en périphérie de la ville.
On y « trouve des branleurs, des artistes authentiques ou autoproclamés » : Les Hauts Parleurs. 
Ces poètes, crieurs publiques, pirates du verbe réinventent le langage pour contourner la loi.

On suit l’histoire de Clovis Spassky, Haut Parleur fabuleux, qui développe un style radical de langage exclusivement composé du mot-phonème « chat ». Mais, arrive le jour où le mot chat est à son tour privatisé.

Avec ce projet nous souhaitons explorer le théâtre par deux registres de jeu. D’une part la figure du conteur qui crée et qui concrétise l’univers dystopique de l’œuvre de Damasio. D’autre part, l’incarnation de personnages qui donneront à voir l’engagement et la lutte de chacun notamment le parcours de Clovis Spassky. En mettant, ainsi, en exergue la trajectoire d’un individu on éclaire la trame sociale qui l’environne.
Ces lignes directrices dynamisent, renforcent le récit et nous servent pour mettre à distance l’histoire. 
Cette distance nous permet de développer un imaginaire science-fictionnel qui sera rendu concret par le travail de la scénographie, du son et de la lumière.

Ce spectacle est aussi la tentative de questionner au plateau les fondations d’un futur autre que celui promis. En partant d’une dystopie, où le monde nouveau ne serait qu’un vaste lieu d’expérimentation capitaliste et de marchandisation, nous racontons l’histoire d’une troupe d’individu.es qui tente de se lever et de glisser l’espoir et l’utopie, dans le monde, par les mots. 
C’est finalement la question de la désobéissance par la parole que l’on soulève. 
Et peut-être même la place du théâtre et du poétique dans un monde capitaliste.

 

Cie Paradisiaque • Laure Poudevigne

DINOSAURE

C’est une histoire de gens dans les cases et de gens qui les traversent.
De gens qui sont immobiles et d’autres qui bougent.
De gens qui se cachent pour réfléchir, et d’autres qui montent sur les murs.
De gens qui croient des choses parce qu’elles sont écrites, et d’autres qui veulent
aller les vérifier.
De ceux qui aiment les règles et ceux qui ne les aiment pas.
De ceux qui parlent anglais et ceux qui ne le parlent pas.
De ceux qui aiment la tenue et ceux qui se font des trous.
De ceux qui ont peur des histoires et ceux qui aiment tomber dedans.
De ceux qui sont des garçons parce qu’on leur a dit, de ceux qui sont quand même
des filles.
C’est une histoire d’enfants qui dépassent quand ils colorient et se font des trous
aux genoux, de filles et de garçons qui grandissent dans le monde et n’aiment pas
qu’on les coince dans des cases.