Création

Cie Olemo • Johann Colin

NOVA MUNDO

« Les secrets de la physique, de la matière, peuvent s’expérimenter dans un rapport profond au langage ». Cette phrase prononcée par Valère Novarina lors d’une conférence établit une connexion entre la matière dite inerte et la matière vivante.
Nova Mundo est né de cette connexion, des questionnements personnels qu’elle a suscités et du maillage de mes interrogations sur les mystères de l’Univers, du vivant et de l’Homme.
Écrire sur l’Homme. Ce qu’il est, a été et ce qu’il restera. À travers les époques, de la naissance de l’Univers à l’apparition de l’humanoïde. Pourquoi et comment il manie la parole. Ce qu’il traverse, sa place, sa trace. Le voir à cru. Interroger sa liberté.
Naviguer à la croisée des sciences, des croyances et des arts. Installer le spectateur dans un observatoire et lui donner à voir l’Homme.
Puis, changer son angle de vue, le mettre dans le bocal.

Aimeriez-vous sonder les mystères de l’univers ?
Donner le pouvoir à votre curiosité et à votre imagination ?
Si vous aviez ce pouvoir, quel serait le premier mot ?
Comment réécririez-vous l’Histoire et la vie ?

Nova Mundo, une exploration quantique haute en couleurs et en questionnements. À l’image des constellations dans l’univers, les 7 comédiens gravitent sur scène, tantôt matière et particules, tantôt surgissant telles des paroles irrépressibles. Sur des textes finement ciselés, le spectateur est invité au cœur des pensées de l’auteur, où les comédiens, comme des fulgurances, jaillissent des dimensions infinies du cerveau humain et traversent les mondes. Une performance sensorielle et philosophique.

Quel chemin allez-vous suivre ?

ENSAD Montpellier • Aurélie Leroux

« Tout est MÉTAMORPHOSES ? »
(Titre provisoire)

C’est à un moment clef de leur chemin que j’ai rencontré les comédien.nes de cet ensemble de l’Ensad. Au dernier tour de leur concours d’entrée. Il y a deux ans. Je me souviens particulièrement encore de leur singularité, et je me souviens de cette sensation qui m’avait fortement habitée en travaillant avec eux, ce « Au Monde » de Vitez, cet appel d’un théâtre qui réagit à son temps.
J’avais été surprise par leurs corps, ce qu’ils portaient, dégageaient, livraient : d’une vitalité sauvage à l’inscription d’une déjà forte expérience. Je me souviens d’un enthousiasme à les imaginer au sein de spectacles, porteurs d’un sacré possible d’humanités, dans ces diverses facettes. Et nous décidions en plus qu’ils seraient quatorze !
Deux années ont passé et c’est avec joie que je les retrouve pour cette création. Deux années où dans ce chamboulement général, j’ai beaucoup pensé à eux, comme à cette jeunesse enfermée à qui l’on peint à longueur de journée un monde sans lueur, sans projection possible. Comment l’habiter ? Comment s’y construire ?
Je me suis alors intéressée à ce mythe des plus profonds qui nous accompagne depuis tout temps  – et plus particulièrement en des moments troubles, comme s’il avait une puissance de réparation : celui de la métamorphose.
La métamorphose comme une défense de l’imagination : du pouvoir merveilleux de transformer le monde, de le transfigurer. La métamorphose  comme un phénomène scientifique fondamental du vivant : un monde toujours mobile, théâtre de perpétuelles mutations : humaines, animales, végétales, géologiques.
Et c’est avec ce thème que j’ai décidé de réunir ces comédien.nes, de questionner le monde et le théâtre.

D’une enquête sur la/les métamorphoses
De l’antiquité à aujourd’hui, les métamorphoses traversent nos identités.
Nous partirons d’une enquête sur la/les métamorphose(s) : des textes antiques (les Métamorphoses d’Ovide…), aux contes qui nous habitent depuis l’enfance (Pinocchio/certains de Grimm), aux romans (Kafka…), aux  traités et essais scientifiques (biologie/botanie/ apiculture/jardinage/météorologie…), aux pièces de théâtre, jusqu’aux peintures, mangas, Bd, films, séries, jeux vidéos et actualités.
Chaque comédien.ne s’emparera de ce sujet, en un point précis : là où cela reveille son rapport à l’intime, aux autres, et au monde.
Nous accueillerons toutes les métamorphoses, qui correspondent aux désirs, et aux questions de ces 14 comédien.nes.
À partir de ces matières collectées, d’un « grenier » commun de cette mémoire, nous éprouverons au plateau, comment ces métamorphoses se performent.

Cie Nonii • Maija Nousiainen

INSOUTENABLE LA GRACE

Réservation : compagnie.nonii@gmail.com C’est une histoire de famille, un voyage dans le temps à la source de ce que l’on est devenu aujourd’hui, à la rencontre de l’être que l’on doit accepter d'être.

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ENSAD Montpellier • Charly Breton

DOLLDRUMS

DOLLDRUMS raconte l’histoire d’un gang de jeunes adolescents ayant pour projet de débarrasser le monde des adultes en les faisant régresser jusqu’à la prime enfance. Isolés sur un territoire où règne la tyrannie de l’imaginaire, ils vouent un culte aux poupées qu’ils conçoivent avec la matière de leurs otages dans l’espoir que ces avatars vieillissent et souffrent à leur place.

Cette fable, écrite à la croisée d’Orange mécanique et de Peter Pan, interroge les désirs, les ressources et les dangers d’une jeunesse livrée à elle-même. Héritière d’un monde au déclin annoncé, condamnée à l’ascèse ou au suicide par la consommation, elle lutte, à sa manière, pour refuser sa dette au tragique qui toujours impose à l’enfant de payer pour l’hubris de son père.

Notes
J’ai toujours suspecté cette appellation « spectacle de sortie d’école ». Impossible pour moi de ne pas y entendre un mépris envers les choses naissantes ou plus précisément, d’une peur face à la naissance. Hannah Arendt le disait au sujet de ce qu’elle appelait dans La crise de l’éducation « les nouveaux venus » : ils sont pour le monde sa plus belle promesse comme sa plus grande menace. Ainsi, avant même d’avoir à imaginer quoi que ce soit, nous avions, avec les élèves, déjà beaucoup pour commencer. La scène à venir de leur sortie était d’emblée préoccupée par tout un ensemble de considérations autour de la génération, l’héritage, la reproduction, la descendance, la filiation, la trahison et la rupture, le deuil de l’enfance, la maturité, le surgissement de l’inédit, la reconnaissance et la mort des pères.

Et c’est donc en respectant du mieux que j’ai pu l’hypothèse de travail que je leur avais proposée, à savoir, traduire en forme théâtrale ce qui surgit spontanément de nos imaginaires et dans nos corps, que j’ai écrit ce texte à leur adresse. Un texte assez long. Pas toujours facile. Taillé à plusieurs endroits dans mes obsessions acoustiques. Un texte sur la déprivation et les violences juvéniles. Sur la mort qu’il nous faut traverser pour devenir et grandir. Sur l’amour déchirant et loyal à l’égard de ce qui nous enfante et nous aliène. Sur le courage insensé qu’il nous faut conquérir pour préférer la vie quand tout, autour de nous, se repaît de désastre et d’idéaux dystopiques. Nous avions donc beaucoup à quoi nous confronter. Et c’est ce qui, au départ, était une nécessité pédagogique, du moins le pensais-je, qui a fini par devenir un processus de création. Il a été question de préférer l’élan et l’essor à l’intention. De respecter, poursuivre et raffiner nos intuitions – même les plus insolites – jusqu’à l’écriture de signes organisés. De ne jamais préjuger du destin d’une provenance. De formuler avec la plus grande distinction ce à quoi nous pensions assister. De laisser le possible émerger dans le travail étendu d’un motif. D’accueillir la nuit qui creuse chaque répétition, pour, aveugle, y plonger de tout notre poids et se laisser dériver au gré des courants. De croire que l’onde, toujours, dicte ses rives et non l’inverse. D’estimer ce qu’il y a comme l’indice de notre nécessité. Ainsi, des matières se sont agrégées, des formes sont apparues et nous les avons habitées pour nous imprégner de leur sens à venir. C’est le contraire d’un projet. C’est ce qui advient quand on se laisse faire par les forces qui nous font et nous font faire. C’est ce qu’on appelle un travail de création.

Un mot encore, sur l’école cette fois-ci. Car c’est d’elle aussi dont je parle, depuis laquelle, me semble t-il, je n’ai jamais cessé de parler. L’école, concernant le théâtre, est étrangère à la scolarité. Aucun savoir ne s’y dispense. Elle est la pratique réitérée d’une source et d’un soupçon. Les choses y sont obscures et violentes, confondues et confondantes, impossibles, féroces, secrètes, sensuelles, puissantes, à la fois précoces et en retard, poreuses, étroites et grossières, monstrueuses, discrètes, délicates, arides, légères, blessantes, sublimes et friables. Quelque chose y pousse dans la clandestinité et la témérité des graines qui fouillent de sillons la terre toujours déjà foulée par d’autres, morts ou vivants, d’ici ou d’ailleurs. Le travail y consiste alors à ne surtout pas vouloir faire mourir la graine en fruit. Car les fruits sont pour demain. Aujourd’hui, nous travaillons à savourer le rêve et le désir d’un fruit. Et le spectacle DOLLDRUMS se veut comme la morsure d’un de ces fruits rêvés. Un appétit dévorant d’avenir. Du moins, tel est mon souhait et l’exigence que je partage avec Fanny Barthod, Léïa Besnier, Pierre Bienaimé, Laurence Bolé, Adeline Bracq, Étienne Caloone, Théophile Chevaux, Stan Dentz-Marzin, Claire Freyermuth, Camille Grillères, Noémie Guille, Mélanie Helfer, Guilhem Logerot et Théotime Ouaniche, au côté de mon acolyte-ami Charles-Henri Wolff.

Cartes Blanches ENSAD Montpellier • Mélanie Helfer

Les Cartes Blanches sont des projets écrits, mis en scène et joués par les étudiante.s de la promotion 2022.

HIÉRARCHIE

« Elle est partie avec lui et elle a rien dit
Elle est partie et elle nous a laissé toute sa merde
Il m’a dit votre appartement de merde
Mais moi j’lui dis j’tai pas demandé d’aller dedans

Il était bien content de l’avoir il travaillait pas
J’pense que l’autre il paye la maison et elle
Elle paye tout l’reste pi elle du coup elle a pas une flèche
C’te grosse con tellement elle est con. »

Cartes Blanches ENSAD Montpellier • Étienne Caloone

Les Cartes Blanches sont des projets écrits, mis en scène et joués par les étudiante.s de la promotion 2022.

KIIL

« J’ai vu-verrai tout cela… Je l’ai touché ! Nul besoin de fermer les yeux, il fallait tendre la main. Mais vous étiez trop occupé à vous caresser le ventre pour avoir ne serait-ce que l’idée de caresser le monde là-bas, et je ne parle pas de votre “grand-sommeil” à l’emporte pièce ! Je ne veux pas de votre rêve avec code, uniforme et soumission, et puis les pieds nus froids sur le marbre des salles communes ça me file des rhumes. Cet horizon qui se ferme là-bas, je l’ouvrirai. J’inventerai des pays, des terres, des feuilles, et jusqu’aux histoires qu’on se raconte dans les foyers qui germinent au-delà d’ici et partout à la fois. On parle d’un lieu, dans les écrits, à l’Ouest, où la terre n’est pas encore crée. On dit qu’elle évolue en fonction des sentiments de celui qui s’y trouve. Et il s’y crée des collines, des mers, des montagnes, des gouffres, devant nous, seuls, notre paire d’yeux à nous. J’irai, moi, cligner des yeux là-bas. Il paraît qu’on y meurt aussi parfois…»

PROMOTION 2022 ENSAD Montpellier • Cartes – Blanches

Les Cartes Blanches sont des projets écrits, mis en scène et joués par les étudiante.s de la promotion 2022.

Étienne Caloone – KIIL

Kiil
« J’ai vu-verrai tout cela… Je l’ai touché ! Nul besoin de fermer les yeux, il fallait tendre la main. Mais vous étiez trop occupé à vous caresser le ventre pour avoir ne serait-ce que l’idée de caresser le monde là-bas, et je ne parle pas de votre “grand-sommeil” à l’emporte pièce ! Je ne veux pas de votre rêve avec code, uniforme et soumission, et puis les pieds nus froids sur le marbre des salles communes ça me file des rhumes. Cet horizon qui se ferme là-bas, je l’ouvrirai. J’inventerai des pays, des terres, des feuilles, et jusqu’aux histoires qu’on se raconte dans les foyers qui germinent au-delà d’ici et partout à la fois. On parle d’un lieu, dans les écrits, à l’Ouest, où la terre n’est pas encore crée. On dit qu’elle évolue en fonction des sentiments de celui qui s’y trouve. Et il s’y crée des collines, des mers, des montagnes, des gouffres, devant nous, seuls, notre paire d’yeux à nous. J’irai, moi, cligner des yeux là-bas. Il paraît qu’on y meurt aussi parfois…»


Mélanie Helfer – HIÉRARCHIE

« Elle est partie avec lui et elle a rien dit
Elle est partie et elle nous a laissé toute sa merde
Il m’a dit votre appartement de merde
Mais moi j’lui dis j’tai pas demandé d’aller dedans

Il était bien content de l’avoir il travaillait pas

J’pense que l’autre il paye la maison et elle
Elle paye tout l’reste pi elle du coup elle a pas une flèche
C’te grosse con tellement elle est con. »

Fanny Barthod et Stan Dentz-Marzin – LA SAGRADA FAMILIA

« Il était
Il n’y avait pas de lumière
Mais les bandes blanches étaient éclairées
Ou alors c’était des néons
En tout cas il y avait son visage. »

R&C • Robert Cantarella

HUGO, THÉÂTRE COMPLET

J’ai travaillé avec ce groupe d’actrices et d’acteurs pendant leurs études à l’ENSAD de Montpellier. Cela arrive parfois, comme un coup de foudre entre une promotion et un moment de travail. C’est un événement qui passe souvent sous les repérages car il se cristallise pendant un atelier de transmission, il est un splendide passage, un peu de temps à l’état pur qui transporte sensualités et sens. Ce n’est pas si courant qu’une intensité soit continue, de plus en plus adéquate à un projet qui se constitue au fur et à mesure des journées de recherches, des essais. Une fois l’atelier terminé, le deuil est rapide, souvent précédé de promesses d’y revenir, puis la vie continue de part et d’autre. Les élèves vont vers d’autres ateliers, et nous, les intervenants comme on dit, nous gardons de la mémoire vive pendant un certain temps, parfois nous appliquons nos trouvailles dans les spectacles qui suivent.
Là, il s’agit ainsi de figurer, assez littéralement, ce qui est le cœur de la pensée de Hugo : pour devenir citoyen, il faut prendre le pouvoir, pour prendre le pouvoir, il faut lutter, pour lutter, il faut « préparer ses armes ». La bande d’acteurs préparera donc ses armes, déployant sa puissance de scène en scène, pour jouer ensemble à la société que Hugo rêve de fabriquer.

Avec elles et eux, l’évènement devait se poursuivre. C’est un pacte entre nous : on se retrouvera. On se retrouve pour Hugo, Théâtre complet.