Représentations publiques

Cie Les Perles de Verres • Béla Czuppon

L’ÉLAN DE L’AUTRE

Rencontre professionnelle autour de la traduction

Notre proposition s’appelle « L’élan de l’autre » et non pas « L’élan vers l’autre ». L’acte de traduction cherchant à capter et accueillir le souffle et l’énergie (poétique) d’une autrice ou d’un auteur étranger, cet accueil de la langue de l’autre déplace la nôtre. Et c’est heureux : faite de croisements et de contiguïté avec d’autres, toute langue est enrichie de vitalités allogènes.
Au-delà même de la traduction, nous souhaitons pendant ce temps de rencontre expérimenter les écarts et tenter des déplacements générés moins par le sens des mots que par leur sensualité rythmique, la richesse de leurs couleurs ou des paysages qu’ils chantent.
Avec :
– Daniel Lühman (traducteur littéraire français, s’intéressant également à la danse, à la chorégraphie en espace public et aux interactions possibles entre texte et mouvement)
– Tomislav Zajec (auteur croate)
– Karine Samardžija (traductrice du croate au français)
– Reyhan Özdilek (traductrice, actrice, danseuse et metteure en scène turque)
– David Léon (auteur français)
– Béla Czuppon (directeur artistique de la Compagnie Les Perles de Verre, anime La baignoire – lieu des écritures contemporaines de Montpellier)
– Florence March (professeur de théâtre et traductrice)

ENSAD Montpellier • Bérangère Vantusso

COMPRENDRE LA VIE

d’après un texte de Charles Pennequin

“Tous les matins, je me lève et je suis mort de rire”. Dans une scénographie minimaliste mettant en valeur le jeu des interprètes, Bérangère Vantusso rend hommage à l’écriture unique de Charles Pennequin, à la fois drôle et grinçante, impitoyable à l’égard de nos croyances. Une expérience singulière, intime et sensible.

Comprendre la vie, comprendre la mort, comprendre la société, comprendre l’amour… Et si nos illusions pouvaient paradoxalement commencer à se dissoudre dans les plis du jeu théâtral, au sens ludique et mécanique, et à l’appui de marionnettes ? Bérangère Vantusso a conçu sa mise en scène avec les acteurs de la promotion 2020 de l’ENSAD de Montpellier comme un projet “d’anthropologie poétique”, lequel place le spectateur dans le rôle d’un anthropologue à qui il appartient de créer des liens entre des fragments pour voir se développer une approche du monde sans concession et sans repère définitif, une pensée vitale et urgente d’une génération qui va «droit dans le mur mais tête haute». Avec une adresse au public très simple, donc d’autant plus délicate, qui casse les codes du théâtre – même s’il y a du théâtre bien sûr, et aussi du clown, de la marionnette, il y a de la fanfare et toute la poésie protéiforme de Pennequin – Bérangère Vantusso invente une parole scénique kaléidoscopique. Les voix sont comme des corps qui se rencontrent, se quittent, interfèrent et s’entrechoquent, tandis que les corps, entre hors champ à vue et cavité autorisant les disparitions, forment et délitent des compositions graphiques dans l’espace, en une alternance de phases picturales et de phases toniques, jusqu’à atteindre une étonnante introspection collective, d’un nous qui se regarde de plus près, de l’intérieur, un nous avec et non face au public.

ENSAD Montpellier • Gildas Milin

MON CORPS C’EST LE MONDE

Auteur, acteur, metteur en scène, directeur de l’ENSAD de Montpellier et du Hangar Théâtre, Gildas Milin a écrit pour les comédiens issus de l’ENSAD une fiction sur le terrorisme écologique.
Un groupe de jeunes gens atteints, pour la plupart, de maladies environnementales – sclérose en plaques, myofasciite à macrophages, Asperger, fibromyalgie, trouble de l’évolution du développement, troubles neuropsy, etc. – ont commencé à faire le rapprochement entre la destruction de leurs corps et la destruction du monde. Ils ne croient plus à une « transition écologique » qui permettrait de diviser, avant 2050, l‘ensemble des dépenses énergétiques par 6, afin d’éviter l’explosion de la « bombe écologique » : un réchauffement climatique tel, d’ici la fin du 21ème siècle, qu’il mettrait en danger la vie humaine sur terre.
Leur ambition : provoquer des accidents majeurs de façon à bousculer l’humanité et la forcer à lutter pour sa survie avant que n’advienne la “catastrophe ultime” qu’ils envisagent. Leurs attentats visent en particulier les centres d’études et manipulations de souches de virus considérées comme les plus dangereuses au monde du type Ebola, dans le but de créer une attaque biologique de dimension planétaire.
L’action commence alors que les attentats qu’ils devaient lancer ont été déjoués. Ils ont été arrêtés et enfermés par le Bureau de Lutte Anti-Terroriste (BLAT) dans l’attente de leur procès. Une scientifique les accueille dans les sous-sols d’un laboratoire militaire transformé pour l’occasion en prison expérimentale.
Au sein d’une scénographie épurée, quasi-clinique, Gildas Milin conduit ses élèves à développer une énergie collective impressionnante.

La NOUR

MEKTOUB

Mektoub, c’est un seule-en-scène multi-personnages mi-standup de cirque, mi-chant sous la
douche, mi-danse expérimentale et mi-makrouds de ma Mima.
Des formes, des femmes, une femme : boule à facettes aux multiples ipséités. Tantôt blédarde,
tantôt lascarde ou encore chanteuse-philosophe du dimanche , sorte de journée portes ouvertes au
cœur d’une trentenaire qui questionne ce dont elle hérite et ce dont elle s’acquiert, ce dont elle a
honte et ce dont elle est fière. Une odeur de menthe fraîche embaume l’atmosphère, un cerceau y
défie les règles métaphysiques. Un corps qui parle de 1001 manières ; une spirale éternelle en quête
d’amour-propre et de lumière. Auto-fiction poéticomique, aux couleurs d’ici et là-bas, récit intime,
éclectique : comme un hommage à tout ce qui compose notre Soi erratique.

La NOUR est une jeune compagnie polymorphe et pluridisciplinaire, basée à Toulouse. Son travail s’axe principalement autour des thématiques de l’Être et du Soi, avec Soi et avec l’Autre.
L’Autre e(s)t son regard, Toi mon miroir.

La compagnie a été fondée fin 2018 par Mounâ Nemri dans le but de porter cette première création longue, Mektoub. Avant cela, deux formes courtes on été tournées : Echolalies d’une licorne albinos de 2014 à 2016, puis TIGERBALM depuis 2016 (encore en diffusion). C’est en 2018 que commence la création de Mektoub, au sein de l’année d’insertion professionnelle du Lido.

La NOUR est une compagnie portée par Kyrielle Création, avec Christine Sabrié à l’administration.

 

La Raffinerie • Marion Pellissier

LES PETITES FILLES

Elles s’appellent Aglaé, Madelle, Fifi, Marthe, la môme Rosie, Nicole… Elles sont enfermées dans ce qui pourrait être une prison, voire un orphelinat dont seul le vote du public leur permettra de sortir. Elles vont donc devoir nous convaincre, se justifier, et surtout savoir se vendre pour échapper à leur sort.
Les Petites Filles nous renvoie vers un futur possible des unités carcérales, où la durée d’emprisonnement serait indéfinie, la seule porte de sortie étant de séduire et de convaincre un jury citoyen que l’on est devenu apte à rejoindre la société, à se plier à ses règles et à se conformer à une certaine image sociale.
 

 

 

Cie Alphageste • Jessie Chapuis

LE LOUP

Nous cherchons à interroger la « crise de la sensibilité » définie par Baptiste Morizot « comme un  appauvrissement de tout ce que nous pouvons sentir, percevoir, comprendre, et tisser comme relations à l’égard du vivant. »
Esoé part en forêt et décide de ne pas revenir, mais de l’autre côté du fleuve : qui l’attend ? Quel est ce reflet, vivant, en rien humain et qui semble être son âme des temps originels ?
“Tout est blanc. Tout est devenu blanc. Partout. À perte de vue. Le plat et le relief se mélangent. On ne sait s‘il y a des roches, de l’herbe, des arbres, de l’eau. La neige partout. Comme une voile de bateau. Je commence à frissonner, et je pense à mes vêtements. Je dois marcher plus vite, rien ne doit se refroidir, plus vite, mes pieds ne doivent pas se refroidir pour avancer. Mes pieds ne doivent pas geler. Et c’est mon objectif. Mon premier objectif de cette longue traverse. J’ai marché sans savoir ce qu’il y avait devant, oubliant ce qu’il y avait derrière. La première fois depuis des heures, des jours, des mois, des années peut- être. Je porte mon objectif, il n’est pas à perte de vue, dans l’horizon, la brume et le ciel, il n’est pas sous mes pieds, dans l’antre et le souvenir, il est mes pieds. Mes pieds pour marcher. Je suis mes pieds.”

le Loup, Jessie Chapuis

 

Cie Doré

DANS LA FARINE INVISIBLE DE L’AIR

Pièce pour 5 clowns.
Sur une musique originale de FIXI.
Cinq clowns. C’est le début d’une multitude… Un groupe… une bande… un chœur ! Cinq clowns enfarinés traversent la vie.
Vie magique où le mystère naît d’un confetti, la catastrophe d’un bout de ficelle. Où les objets ont un sens. Où chaque chose est un morceau du monde.
Monde à prendre à bras le corps, avec enthousiasme ou perplexité.
Les clowns livrés à eux-mêmes feront ce qu’ils pourront, agitant leurs bras, leurs pieds et leurs cheveux