Accueils

Cie libre cours

STRIP, AU RISQUE D’AIMER – ÇA

Strip, au risque d’aimer-ça est une plongée immersive mêlant témoignages, récit autobiographique et fiction dans le milieu du striptease.

Loin des fantasmes et de l’imaginaire basé sur des stéréotypes de la pornographie que génère le strip-club, voici un projet qui parle avant tout d’hommes et de femmes qui se découvrent et se rencontrent à travers l’action d’une mise à nu, et qui déplace notre regard à l’endroit de l’amour.


 

Marion Coutarel
Fondatrice du Théâtre de la Remise, avec un collectif d’acteur·rices, de scénographes et musiciens (LaBulo) en 2000, Marion Coutarel s’est formée au théâtre d’actions physiques (Zygmunt Molik du Teatr Laboratorium – Pologne, Julia Varley, Anna Woolf – Odin Teatret, Danemark). Passionnée par l’anthropologie théâtrale, elle développe au sein de la Remise, des laboratoires d’artistes et rejoint The Magdalena Project, réseau international de femmes artistes.
Le processus artistique de la compagnie laisse une grande part à l’écriture de plateau et au travail de montage, avec notamment les spectacles : Viens plus près d’après les Vagues de Virginia Woolf, La jeune femme à la Licorne d’après la Ménagerie de Verre de Tennessee Williams, Top Girls d’après Caryl Churchill, Ciseaux de Stéphane Michaka, Ismène de Carole Fréchette.
L’acteur.trice est au centre d’un langage théâtral qui laisse surgir les matériaux subconscients et leur donne corps.
Le cycle P.P.P.P.P. débuté en 2021 verra la création de performances in situ suite à des temps d’immersion sur des territoires spécifiques, avec des artistes invités.

La compagnie mène aussi des projets transversaux et pluridisciplinaires « arts et soins » qui interrogent la notion de normes sociales. Marion Coutarel a été la première artiste associée à La Bulle Bleue, ESAT et fabrique artistique à Montpellier, elle a pris part au pilotage de l’ensemble du projet artistique et éditorial du lieu, et continue à y mener des projets de recherche. Titulaire du Diplôme d’État d’enseignement théâtral, elle intervient auprès du MASTER Arts de la scène et spectacle vivant parcours Création à l’Université Paul Valéry Montpellier III. Marion Coutarel est artiste associée aux Scènes Croisées de Lozère pour 2022/2025.
En septembre 2015, le Théâtre de la Remise a organisé le premier évènement Magdalena en France, rassemblant une centaine d’artistes en provenance d’une vingtaine de pays. En octobre 2019 a eu lieu la deuxième édition, la 3ème aura lieu en 2023.

Julie Benegmos
Diplômée de l’École d’Architecture de Paris-Belleville en 2007, Julie Benegmos travaille à Paris en tant qu’architecte, puis entre dans le milieu du cinéma en tant qu’assistante décoratrice aux côtés d’Emanuelle Pucci et Marie Cheminal.
En 2011, elle écrit et réalise son premier court-métrage, Anaïs, produit par Full Dawa Films.
Ce premier court-métrage est sélectionné à plusieurs festivals et diffusé sur TV5 Monde.
En 2016, elle crée la compagnie de théâtre Libre Cours qui lui permet de combiner cinéma et théâtre. Elle met en scène des pièces pluridisciplinaires mêlant textes littéraires, jeux vidéos, images documentaires et vidéos internet, comme son premier spectacle « L’Oubli », une adaptation du roman éponyme de Frederika Amalia Finkelstein, qu’elle a co-écrit, mis en scène et interprèté.
La pièce a été soutenue par la DRAC et la Région Occitanie où elle fait sa première tournée régionale en 2018 : Scène Nationale de Narbonne, Théâtre de la Ville de Montpellier, Le Périscope à Nîmes, etc.
Dans le but d’aller vers un théâtre mélangeant l’auto-biographie et le film documentaire, Julie Benegmos reprend ce premier spectacle pour en créer une nouvelle version : Après l’Oubli.
Ce spectacle est joué pour la première fois au Mémorial de la Shoah en juin 2019 et commence une tournée en France ainsi qu’à l’étranger soutenu par l’Institut Français et l’ONDA (Office National de diffusion artistique).

Toujours en quête de nouveautés, Julie Benegmos est également en écriture de son premier long-métrage de fiction, Le 7e Jour. Le projet a fait partie des ateliers d’écriture du Boostcamp 2017 au Groupe Ouest, et est développé par Les Films d’Ici.

Cie Nonii • Yohann BOURGEOIS

LA ROUTE DU MONT FIN

Le projet La route du Mont Fin traite du bonheur en questionnant son absence.
La pièce prend la forme d’un roadtrip où un trio de jeunes adultes
se lance dans le voyage comme dans une épreuve initiatique.

La forme se veut performative,
que l’on puisse suivre une heure et demie d’un trajet comme s’il se déroulait devant nos yeux.
Que la fatigue des corps laisse place à la vivacité des esprits.

Le texte va naître du travail d’improvisation in situ, sur les routes, les sentiers de l’Hérault.
Nous travaillerons à traduire la Nature au plateau, sans artifice,
dans son hostilité comme dans son réconfort.

 


Note d’intention

Allons nous nous contenter de vivre ? Peut-on seulement vivre ?

La pièce est un voyage, au sens propre, une marche, un trajet, une fuite peut-être. On suit, ou on précède, un trio, trois jeunes individus qui se retrouvent sur le chemin du début de leurs vies.
Il y a une histoire d’amour pour laquelle on quitte tout, il y a une rupture pour laquelle on devient quelqu’un d’autre, il y a la curiosité qui repousse tout défaitisme … C’est un triangle pour créer le déséquilibre, il n’y pas d’entente, il n’y pas de commun véritable, de vérités communes, il n’y a d’ailleurs pas de vérité. Mais il y a des tentatives de s’entendre et de croiser les chemins.

L’action se veut en temps réel, en une heure et demie de route, d’un seul tenant. Le trajet tient en son sein la tension, le risque, la fuite, la fatigue, l’émerveillement et la chute, le souffle et le corps. Une pièce performative, genre qui semble devenir l’exploration privilégié de la Compagnie Nonii.
On y verra les interprètes marcher, sans relâche en espérant voir le jour se lever, comme se détachant de la nuit profonde et de l’inconnu.

Cette marche est une continuité, on invite de cette manière le public à faire l’expérience du temps. Nous sillonnerons la région pour y cueillir notre inspiration sur les bords du lac du Salagou et ancrer nos corps dans les garrigues surplombées de ciel bleu. Le texte prendra forme au contact du terrain, des improvisations in situ et des rencontres. Nous nous adresserons à un public le plus large possible et nous nous déplacerons pour le trouver.

Le dispositif scénique tient en une multiplicité des mécanismes du mouvement, ou comment le mouvement prend la place de l’immobilité et le bruit des respirations, celle du silence. Comment trouver la vérité de l’instant présent ? Et par là même, le bonheur comme une fulgurance.
La Nature, élément central de la pièce, est rendue au plateau par ses ombres et ses lumières. C’est cette Nature qui nous échappe finalement, cette Nature qui est plus forte que nous et contre qui nous devrons probablement bientôt nous battre.

C’est dans les petits détails que se dessine cette aventure, dans un dialogue entre nous-mêmes et la Nature, l’aventure du corps et de toute l’humanité, l’humanité qui ne sait plus dans quelle direction il faudrait évoluer, et s’il le faut.

Yohann Bourgeois, le 25 Novembre 2021

 


Yohann Bourgeois
Yohann Bourgeois est né en 1989. Il est sorti de l’ESTBA, l’École Nationale de Bordeaux, en 2016. Il collabore depuis avec Franck Manzoni dans La Nuit Électrique, de Mike Kenny, spectacle jeune public présenté dans toute la Nouvelle Aquitaine à destination d’un public large et populaire. Il joue aussi avec Pascale Henry, metteuse en scène et autrice de Présence(s), créé en 2019 au Théâtre de Grenoble, ainsi qu’avec Marie-Pierre Bésanger sur Berlin Sequenz de Manuel Antonio Pereira, création en octobre 2018 au Théâtre de Brive. En 2020 il est lauréat de Création en cours des Ateliers Médicis avec le projet Les Hauts Parleurs et joue dans La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg mis en scène par Violette Campo. En décembre 2021, il intègre le projet jeune public Laughton, de Stéphane Jaubertie, mis en scène par Lise Hervio. Par ailleurs, il a suivi entre autres l’enseignement de danse de Nadia Vadori-Gauthier et mène une grande réflexion sur le langage du corps au plateau.

Maija Nousiainen
Maija Nousiainen est née en 1991. Comédienne franco-finlandaise, elle est arrivée en France profitant d’un échange à la Sorbonne Nouvelle. Très vite, elle intègre le Conservatoire du 13ème arrondissement sous la direction de François Clavier. Elle y rencontre Agnès Adam qui lui enseigne la méthode d’Étude d’Anatoli Vassiliev. En parallèle, elle pratique la danse contemporaine à la Sorbonne Nouvelle, où elle découvre le travail d’improvisation de Lyse Seguin. Naît alors une collaboration artistique et humaine. Elles fondent le Collectif1908.43 pour développer des méthodes d’improvisation expérimentales du mouvement entre la France et la Finlande. Elle est diplômée de l’ENSAD de Montpellier en mai 2020 sous la direction de Gildas Milin, et joue notamment dans sa mise en scène, MCCM, et dans celle de Bérangère Vantusso, Comprendre la Vie, de Charles Pennequin, au Studio Théâtre de Vitry, au festival WarmUp et à la MC93. Elle joue également dans la création de Robert Cantarella Hugo, Théâtre Complet au Printemps des Comédiens en 2021. Elle est collaboratrice artistique dans la création d’Œdipe Roi mise en scène par Éric Lacascade au PCM 2022.

Manon PETITPRETZ

L’ENFANT,
être à l’hauteur

Réglisse et Caramel font un spectacle : L’Enfant, être à l’hauteur.
Se saisissant du texte comme d’un parchemin, Réglisse et Caramel racontent L’Enfant, ce petit être rencontré entre les mots d’une page dont on ne connaît ni le prénom, ni l’âge et qui traîne dans les pattes de Caramel et Réglisse, à moins que ce soit plutôt Caramel et Réglisse qui traînent dans les pattes de L’Enfant.

Le duo s’empare du plateau comme une aire de jeux où la scénographie se déploie comme un pop-up constitué de frigo, de fresques et de lettres géantes sur lesquels s’impriment des vidéos d’archives familiales. La création sonore interprétée en direct fait naître des espaces imaginaires et tisse un lien entre réel et fictionnel.

Chanter, dessiner, réciter comme dans un spectacle de fin d’année. Tout est jeu, leurs corps et leurs voix sont aussi des jouets.

Réglisse et Caramel s’efforcent de se remémorer leurs propres souvenirs d’enfance. Se détacher du temps pour y apercevoir son enfance disparue au profit de l’âge adulte. Ensemble, musicienne et actrices composent pour les spectateur·ice·s un spectacle visuel et sonore dans lequel leurs corps d’adultes tentent de s’oublier pour laisser place à celui de L’Enfant.

Cie Casquettes • Jess AVRIL

VIRGINIA

Virginia est un biopic sur la vie de Virginia Woolf.

Notre histoire commence par la fin.

Virginia Woolf donne une dernière conférence sur son métier avant de se suicider par noyade. Lors de sa mort, elle entre alors dans le monde merveilleux de la rivière où elle est accueillie par deux créatures : Bernard et Percival. Elles sont chargées de lui faire remonter le cours de l’eau afin de l’emmener dans un jardin anglais, où Virginia reposera avec d’autres poètes. Toutes deux usent pour cela de leur pouvoir de transformation en empruntant les visages qui ont peuplé la vie de Virginia Woolf, de son plus proche ami au monstre dont elle cauchemarde chaque nuit. Pour ce faire, Bernard et Percival usent d’une banque de souvenirs qu’ils doivent lui faire revivre jusqu’à remonter au souvenir traumatique du dernier repas partagé avec son frère Thoby. Virginia s’élance alors dans une course folle aux souvenirs qui la mène inexorablement vers la mort, course ultime durant laquelle elle trouve cependant la possibilité de s’échapper grâce à une femme qu’elle invente de toutes pièces : Mrs Dalloway. Cette femme suffira-t-elle à lui rendre la vie ?

La pièce met en relation deux femmes qui cohabitent à l’intérieur d’une seule, ici Virginia. Cette cohabitation, sous les regards protecteurs et amusés de Bernard et Percival, qui tenteront eux de l’aider et de l’accompagner à réconcilier ces deux parties, s’effectue en une course effrénée dans le lit de la rivière. La rivière comme source de vie, flux constant qui, dans l’écriture de Virginia Woolf, signifie : la pensée.

 


Jess Avril
Me servant à volonté de son écriture, et mêlant la mienne et celle des acteurs à la sienne, je tente de dresser un kaléidoscope de ce qu’est l’œuvre de cette femme pour moi et cherche à poser une question majeure de notre temps : comment faire cohabiter à l’intérieur de chacun.e la création et la vie pratique ?
Selon Virginia Woolf, lorsqu’une femme autrice sera débarrassée des contraintes liées aux conditions de la femme de son époque, un nouveau type d’auteure pourra voir le jour. Il ne s’agit pas d’annihiler en soi la condition féminine, loin de là, mais que cette condition entre dans le courant. Comment préparer le terrain afin d’accueillir ces nouvelles créatures ?
Virginia Woolf, qui n’a cessé d’apporter des éléments de réponse à ces questions, de par ses œuvres et l’organisation de sa propre vie, s’est suicidée le 28 Mars 1941 à l’âge de 59 ans, en se jetant dans la rivière Ouse.
Fascinée par sa vie, j’y vois l’opportunité d’ouvrir ses questionnements, de fertiliser le terrain qui accueillera ces nouvelles autrices et de rendre hommage à cette femme qui a ouvert une voie. Une rivière.

 

Cie Maiastra • I-FANG LIN

CO.M.BAT

CO         comme commencer/ coexister/
coïncider… COLÈRE.

M         comme murmure/ mobile/
musical/ mystère… MARTIAL.

BAT         comme battement/ bâtir/
bataille… BATTRE.

La pandémie mondiale a eu des conséquences importantes sur le comportement humain en créant plus de restrictions et de solitudes. Elles ont révélé en moi l’envie de se libérer des chaînes invisibles et de questionner ce qui est commun.
Chargé des affects générés par l’enfermement et les restrictions nécessaires à la lutte contre la pandémie, ce projet chorégraphique entrelace les souvenirs d’une enfance placées sous le signe de la discipline avec les arts martiaux, les pratiques somatiques, l’expression du désarroi et du soulèvement qui m’anime.

Qu’est-ce qui amène à la contemplation dans un espace ?

Qu’est-ce que le contact peut créer dans une relation ?

CO.M.BAT 鬥 est un projet chorégraphique performatif qui prend ses racines dans mon enfance, mon éducation et mon apprentissage, pour ensuite s’affranchir des règles conservatrices en allant emprunter plusieurs clefs du mouvement du corps à travers la danse mais aussi à travers les pratiques martiales et somatiques (Tai-Chi, Nèigong, méthode Feldenkrais et méditation).

Dans ce projet, j’explore les liens entre l’Occident et l’Orient ; la façon dont les films de western américain (La Flèche brisée, Rio Grande,… ) ont utilisé des techniques de combat, de dualités que l’on retrouve dans les duels aux sabres asiatiques (A Touch of Zen, Les Cendres du temps, The Blade, Tigre et Dragon..), techniques empruntées aux arts martiaux en reprenant la gestuelle, la pose.

CO.M.BAT 鬥
Comme le cri primitif, un cri pour contextualiser les hurlements en un son identifiable, un son adaptable qui se pratique et que l’on peut transmettre.

CO.M.BAT 鬥
Pour être mobile et s’adapter, Il faut être entraîné, prévenu, « aware ». C’est l’entrainement du corps et du mental qui participent au combat.

CO.M.BAT 鬥
C’est « stillness », l’attente immobile, le questionnement puis « pull punches », la réponse par le mouvement. C’est un duel, où le temps se dilate s’allonge et se fige.

Pauline COLLIN

INSOMNIE

De violentes chutes de neige, des routes impraticables, un rendez-vous manqué, un hôtel perdu en plein milieu du massif montagneux des Alpes. Une jeune femme se retrouve coincée dans une chambre d’hôtel, sans possibilité de communiquer avec l’extérieur. Du personnel d’établissement et des voisins de chambre étranges, des bruits suspects, une impossibilité à trouver le sommeil. Peu à peu, la jeune femme ne parvient plus à distinguer le jour de la nuit, le rêve de la réalité, ni même à sortir de sa chambre.

Mélanie HELFER

HIÉRARCHIE

Sept cellules organiques relatent les traces d’un quotidien familial meurtri par l’absence de l’une d’entre elles : la Mère. Elles sont nichées dans une colonne vertébrale, au sein de la moelle épinière de la fille aînée de la Mère : la Grande. Une colonne incomplète, une moelle abimée. Chacune des cellules représente un membre de la famille. Elles essayent de comprendre ce manque et de ne pas disparaître dans l’oubli. C’est avec un franc-parler que ces êtres expriment entre-eux la délicatesse de l’abandon et la difficulté d’avancer avec et parmi les ruines.

En parallèle du texte, les parcours chorégraphiés des corps et l’installation plastique faite de toiles peintes à la main et en direct, modélisent la réparation-construction de la colonne et de l’intérieur de cette moelle épinière. C’est un véritable axe pictural qui se développe en continu au fur et à mesure que se déploie l’intrigue. Le corps des acteurs représente l’identité de leur cellule tandis que leur prise de parole représente un membre dans la famille.

Hiérarchie d’une cellule familiale dans laquelle nous avançons. Hiérarchie des non-dits qui restent, luttent et dialoguent depuis notre patrimoine génétique, et dont les bribes d’informations stagnent de génération en génération. Hiérarchie d’une équipe de maître-d’œuvre sur le chantier de l’intérieur d’un corps, qui cherche à ne pas subir les vestiges vivaces du passé.

Étienne CALOONE

NIKKI,
COUP DE FUSIL

Depuis toujours ils habitent Roubaix. Mais ils n’ont pas vécu la même ville. La géographie les sépare dans le temps et l’espace, même s’ils se réunissent de temps en temps dans le lit trop petit qu’il a gardé de sa chambre de gosse. Le père d’Augustin a du patrimoine. Celui de Nikki n’existe pas. Sa mère croit beaucoup. Celle de Nikki n’en a plus le temps. Il y aurait bien ses sept frères mais ils sont éparpillés un peu partout comme les derniers morceaux d’une carrosserie après l’accident. Elle, vend des fleurs. Lui, vend des montres.

Ils se sont connus au Lycée et aujourd’hui il ne reste plus grand chose de leur histoire – mais le savent-ils seulement ? Et c’est parce que le seul moyen pour redonner un peu de vigueur à un projet qui s’essouffle c’est de le confronter aux autres, que Nikki accepte un dernier repas en compagnie de la famille d’Augustin. Là, depuis toujours et aujourd’hui encore, elles est à la fois l’objet d’une fascination vulgaire et d’un dégoût religieux. Il n’y a que l’ami de la famille qui est différent, le préparateur de couleur, celui qu’on ne remarque pas même s’il vient tous les jours et qui semble regarder tout cela comme de l’extérieur, sans y prendre tout à fait part.

Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’avec toutes les petites précautions des rituels culinaires et sur la grande table toute pleine de napperons-nénuphars, c’est elle que la famille a prévu de dévorer après l’avoir éparpillée aux quatre coins de la pièce. Et parce que le seul moyen pour résister à la dévoration qui s’est préparée pour elle depuis sa naissance de l’autre côté du boulevard, c’est de l’exprimer. Nikki serre les poings, s’éclaircit la gorge et c’est maintenant que les fusils sont chargés que les têtes vont tomber. Cela s’annonce plein de couleur et très sanglant. Comme la vie.

 

À PROPOS DE LA COMPAGNIE

C’est au cours de leur formation au Cours Florent que Christian Schweda assiste Étienne Caloone à la création sa première première pièce Tempo du Ragazza, inspiré du Decameron de Boccace. Après l’aventure de L’oiseleur, une farce en un acte traitant des rapports du pouvoir à son image et représentée au Festival d’Aurillac en 2019, ils se retrouvent dans le cadre des cartes blanches de l’ENSAD et du Hangar Théâtre pour la création de Kill en 2021 mettant en scène les comédiens de la promotion 2022 du conservatoire national supérieur d’arts dramatiques de Montpellier dans une épopée écrite et mise en scène par Étienne Caloone. Après leur formation à l’ENSAD, Stan Dentz, Adeline Bracq, Théophile Chevaux et Claire Freyermuth les rejoignent au sein de la Compagnie de la Case Fantôme pour la création de leur dernière pièce Nikki, coup de fusil, une tragi-comédie punk inspirée des travaux de Bourdieu et de l’œuvre de Nikki de Saint-Phalle.